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Colloque "Traduire la Poésie Française et Américaine des/aux XX° et XXI° Siècles". 12-13 mai 2011

 

Le département de français de New York University et Passages XX-XXI (Université Lyon 2) organisent deux séries de conférences sur le thème « Traduire la poésie française et américaine des/aux 20e et 21e siècles ». La première s'est tenue à la Maison Française de NYU les 21 et 22 mai 2010. La deuxième partie de la conférence aura lieu à Lyon, les 12 et 13 mai 2011.

 

PRÉSENTATION

 

 

Traduire la poésie française et américaine des/aux XX° et XXI° siècles

 

Entre un E. E. Cummings définissant au début des années 30 la poésie comme ce qui ne peut être traduit ? « whatever cannot be translated » ? et un Emmanuel Hocquard déclarant dans un numéro récent de Verse consacré à la poésie française (24 : 1-3, 2007) : « To say that I love to read American poetry in French is not a paradox. ? To my mind, translation is the means necessary for better seeing and understanding (in) my own language », s'ouvre un vaste champ d'interrogations.

Dans sa Poétique du traduire, Henri Meschonnic accentue la dimension pragmatique de la traduction, son poiein spécifique : « il n'y a qu'une source, c'est ce que fait un texte ; il n'y a qu'une cible, faire dans l'autre langue ce qu'il fait. » Les journées d'études « Traduire la poésie » se donneront pour objet l'examen de cet axiome, de ses présupposés et de ses non-dits.
Si traduire « selon » le poème consiste, d'après la formule de Meschonnic, à traduire le « récitatif, le récit de la signifiance », dans quelle mesure la traduction poétique peut-elle revendiquer le statut d'?uvre à part entière ? Qu'advient-il au contraire lorsque le traducteur s'efface pour faire de sa traduction le lieu d'une hantise consentie ? Poser l'exigence d'une concordance entre l'original et sa traduction implique-t-il la disparition élocutoire du sujet traduisant ? Lorsque des poètes traduisent d'autres poètes, il y a lieu de s'interroger sur les modalités selon lesquelles cette démarche trouve à s'inscrire de manière cohérente dans leur propre projet poétique. Quelles continuités peut-on déceler chez les poètes qui, comme Pound et Stevens, et plus près de nous, John Ashbery, Michael Palmer ou Keith ou Rosmarie Waldrop ont, à des degrés divers, fait ?uvre de traducteurs ? Quels déplacements l'épreuve de l'étranger opère-t-elle en retour dans leur propre écriture ?

En assignant au traducteur la charge de restituer, non ce que les mots disent, mais ce qu'ils font, Meschonnic garde le silence sur ce reste que la traduction poétique engendre en surplus de sa signifiance. Ces journées d'étude seront encore l'occasion d'examiner le présupposé benjaminien selon lequel il existe une « traductibilité essentielle à certaines ?uvres », ou encore l'idée que les langues entretiennent une parenté qui tiendrait à leur intention commune, soit ce que Benjamin, dans « La tâche du traducteur », nomme la « langue pure ». On se demandera si la traduction poétique, sert à « exprimer le rapport le plus intime des langues entre elles », ou si, au contraire, c'est dans le non-rapport et l'impossibilité de la concordance entre les langues qu'elle fonde sa pratique.

Contacts:

Isabelle Alfandary (isabelle.alfandary@free.fr)
Emmanuelle Ertel (emmanuelle.ertel@nyu.edu)
Axel Nesme (axel.nesme@univ-lyon2.fr)

 

 

PROGRAMME

 

Jeudi 12 Mai
Salle AR 46, 74 rue Pasteur
- 14h, Jean-Marie Gleize/Alessandro de Francesco, Une prose augmentée
- 14h45, Steven Crumb,On Denis Roche's 3 pourrissements poétiques (1972), an anthology of plagiarized translations
- 15h30, Christophe Lamiot, Poetry As Translation--Part II
- 16H15, Raluca Manea, Table Manners: Familiar Sights/Sites in Emmanuel Hocquard's Théorie des Tables.
- 17h-17h15. Pause.
- 17h15, Claire Malroux, Traduction et anachronisme. Traduire un sonnet d'Henri Cole.
- 18h, Marilyn Hacker, Titre à préciser

Vendredi 13 Mai
Salle AR 46, 74 rue Pasteur
- 9h, Hedi Kaddour, Traduire James
- 9h45, Richard Sieburth, Nostradamus in English for 2012
- 10h30, Emmanuelle Ertel, Antonin Artaud, Traducteur
- 11h15, Micaela Schweidson Kramer, Jean Genet and the Ethics of Infinite (Un)Translatability
- 12h, Hoyt Rogers, Openwork: translating André du Bouchet


Les organisateurs remercient l'Institut des Amériques pour sa généreuse contribution à l'organisation matérielle de ces deux journées.


mise à jour le 18 janvier 2015


Université Lumière Lyon 2