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Débordements cinématographiques : étude critique des marges esthétiques et culturelles (2015-2016)

 
1er janvier 2015 - 31 décembre 2016
Dates : 1 janvier 2015 - 31 décembre 2016
Porteur du projet : Dario Marchiori (MCF Cinéma, Passages XX-XXI)
Laboratoires impliqués : Passages XX-XXI (EA4160), Langues et Cultures Européennes (EA1853)
 
Accès direct | Responsables scientifiques | Présentation du projet

Responsables scientifiques

- Maria da Conceição Coelho Ferreira (MCF LLCER Portugais)
- Jacques Gerstenkorn (PR Études cinématographiques)
- Sandra Hernandez (PR LLCER Espagnol)
- Magali Kabous (MCF LLCER Espagnol)
- Sonia Kerfa (MCF LLCER Espagnol)
- Dario Marchiori (porteur du projet, MCF Études cinématographiques)
- Nedjma Moussaoui (MCF Études cinématographiques)
 

Présentation du projet


Le projet Débordements cinématographiques : étude critique des marges esthétiques et culturelles vise à créer un espace de synergie et d'échange entre deux laboratoires, Passages XX-XXI et Langues et Cultures Européennes (LCE), autour du cinéma. Dans une perspective de collaboration interdisciplinaire, ce projet entend croiser l'analyse des images cinématographiques et l'étude des langues et civilisations afin d'interroger les présupposés à l'œuvre dans l'histoire du cinéma, d'en revisiter les fondements et finalement d'en proposer une relecture à partir de phénomènes apparemment marginaux, car marginalisés ou liminaires. De plus, le projet Débordements cinématographiques vise à créer des outils de diffusion dans l'espace public, de partage des travaux de recherche et d'implications pédagogiques à court et à long terme.
 

Volet n°1 : L'expérimentation documentaire (2015)

Le premier domaine d'étude du projet Débordements cinématographiques sera constitué par l'histoire et la théorie des rencontres entre l'approche documentaire et les ruptures avant-gardistes et expérimentales, ce que nous exprimons par la notion d'expérimentation documentaire. Nous allons établir un lien entre des domaines qui se trouvent d'habitude compartimentés, par l'étude des zones de superposition et de croisement, et de leur puissance créative. Ce premier volet donne lieu à un Séminaire bimensuel (à partir du 26 février 2015) et se terminera par un Colloque international qui se tiendra fin 2015.

 

Volet n°2 : Aux marges des civilisations : géopolitique culturelle et invention formelle (2016)

En cumulant des exemples d'exceptions, d'anachronismes apparents, de propositions intempestives, nous visons à constituer une masse critique d'analyses de films dont la capacité d'innovation formelle réinterroge l'historiographie traditionnelle et ses stratégies (conscientes et inconscientes) de hiérarchisation. Ce sera l'occasion de mettre à profit les compétences des deux Laboratoires associés et d'étudier des objets marginalisés, issus d'œuvres méconnues, dont les historiographies nationales aussi bien qu'internationales n'arrivent pas à rendre compte. Ce deuxième volet se constitue lui aussi d'un Séminaire et aboutira à un Colloque international à la fin de l'année 2016.
 

Mots-clés

· Histoire critique des formes filmiques
· Études transnationales du cinéma
· Esthétique des pratiques inter- et transculturelles

 

 

Séminaire L'expérimentation documentaire : calendrier des séances

Séance 1

Dario Marchiori (MCF Université Lumière Lyon 2) : Croisements ou débordements ? Introduction à la synergie entre l'« expérimentation » et la « documentation » du réel

Par cette séance introductive, nous allons poser les bases d'une réflexion autour des rencontres entre les gestes documentaire et expérimental ; des rencontres qui semblent être au cœur des pratiques contemporaines de l'image en mouvement.

Date : Jeudi 26 février 2015
Horaires : 9h-11h
Lieu : Université Lumière Lyon 2, Campus Porte des Alpes, Bron, Salle F120


Séance 2

Aline Caillet (Maître de conférences en Esthétique et Philosophie de l'art, Université Paris 1 Sorbonne) : Enjeux contemporains de l'art documentaire

Depuis une dizaine d’années, on observe du côté des pratiques documentaires un renouveau qui affecte leur mode de production et de diffusion. Revendiquant son inscription dans le champ artistique et s’appuyant sur la notion de dispositif, le documentaire filmique est devenu une pratique hybride qui mêle cinéma, théâtre, vidéo et performance, marquant ainsi ses distances avec la prise directe. Construisant des situations et générant de nouvelles expériences, il s’affranchit souvent de la relation authentique au réel qu’il devrait pourtant garantir. De tels bouleversements impactent sa théorisation esthétique qui, pour l’essentiel, procède des seules études cinématographiques et limite le fait documentaire à la seule captation du réel.
Au travers l’étude de pratiques filmiques émanant du champ du cinéma ou des arts visuels, nous tenterons de dessiner les contours de ce que pourrait être une esthétique du documentaire, à même d’intégrer ces nouveaux processus d’effectuation (détour par la fiction, recours à des modes performatifs tels que le reenactment, retour de la narration, approche expérimentale), d’interroger leur légitimité et leur valeur de vérité et d’examiner leur portée critique.

Aline Caillet est l'auteure de Quelle critique artiste ? Pour une fonction critique de l'art à l'âge contemporain (Paris, L'Harmattan, 2008) et de Dispositifs critiques : le documentaire, du cinéma aux arts visuels (Presses Universitaires de Rennes, 2014).

Date : Jeudi 12 mars 2015
Horaires : 9h30-11h30
Lieu : Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 quai Claude Bernard, Salle B 147


Séance 3

Raphaël Jaudon (doctorant contractuel en Études cinématographiques, Université Lumière Lyon 2) : Le cinéma à vocation scientifique du groupe Dziga Vertov

Le cinéma peut-il devenir une science ? Poser cette question, c'est déjà suggérer un croisement possible entre les pratiques documentaires, soucieuses d'atteindre une certaine vérité du réel, et les pratiques expérimentales, attentives aux processus et aux méthodes par lesquels s'élaborent les images. Derrière cette tension, qui n'a que l'apparence d'un clivage, ce sont bien les deux pôles de l'activité scientifique – protocole et résultats – qui trouvent chacun un écho dans le domaine esthétique. C'est à ce problème que tente de répondre le cinéma du groupe Dziga Vertov (Godard et Gorin, 1968-1972), en prenant le soin d'y ajouter un troisième terme : si toutefois il est possible de faire des films comme d'autres font de la science, comment faire en sorte que ce cinéma devienne une science politique ? Il s'agit alors d'interpréter le monde, mais seulement pour mieux le transformer ; d'expérimenter, mais toujours dans un but réaliste. Une manière de dire que toute révolution politique se doit d'être précédée par une révolution perceptive, et que dans cet espace, le cinéma pourrait bien avoir un rôle à jouer.

Date : Jeudi 26 mars 2015
Horaires : 10h-12h
Lieu : MILC (5ème étage), 35 rue Raulin, Lyon

 

Séance 4

Thomas Voltzenlogel (ATER à l'Université Lyon 2, docteur en Études cinématographiques) : Sous les décombres des images : le pari mélancolique de Harun Farocki

Harun Farocki a bâti patiemment, depuis la fin des années 1960, une filmographie singulière dans le champ du cinéma documentaire dont le point de départ n’est pas d’éduquer, de former, d’informer les spectateurs ni de décrypter les images (comme aiment à s’y prêter bon nombre de journalistes aujourd’hui) comme si elles étaient volontairement codées par le pouvoir qui les a permises ou produites, mais d’inviter le spectateur, dans l’espace-temps du film, à expérimenter de nouvelles manières de voir, d’entendre, d’articuler et de penser les images et les sons. Le « pari mélancolique » (l’expression est de Daniel Bensaïd) de Harun Farocki a consisté à miser sur les capacités des spectateurs de penser les images et leurs rapports en proposant des œuvres ouvertes, dans lesquelles des brèches permettent aux spectateurs d’inventer leur propre circulation dans les films. Dès lors, l'analyse du travail de Farocki permettra de définir son geste éthique, esthétique et politique : la transmission d’une méthode d’analyse des images et de production d’un film documentaire soit, la présentation d’une expérimentation et une incitation à l’expérimentation.

Date : Jeudi 9 avril 2015
Horaires : 9h-11h
Lieu : Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B120


Séance 5

Rencontre avec Gérard Courant et Avant-première de son film Lyon, autopsie d'une grande ville (Inventaire de toutes les rues du 7ème arrondissement)

Gérard Courant
est un cinéaste, critique et poète lyonnais qui vit et travaille à Paris depuis 40 ans. Il est l'auteur de plus de 4500 films, dont presque 3000 Cinématons, « autoportraits assistés, en plans fixes de 3'25'', d'amis et de personnalités diverses » : ce que Michel Foucault qualifia de « pacte de souffrance-plaisir ». Il a réalisé plusieurs journaux filmés et d'autres séries de films sur des sujets divers comme par exemple, tout récemment, un inventaire de toutes les rues de Lyon. Depuis ses débuts, il a su tenir ensemble le cinéma underground, le geste documentaire et la fiction.

Proche de cinéastes indépendants fondamentaux du panorama français comme Joseph Morder, Téo Hernandez, Michel Nedjar, il a écrit de nombreux essais sur le cinéma d'auteur, de Chantal Akerman à Michael Snow et de Maurice Pialat à Marguerite Duras. Il a publié des ouvrages critiques pionniers sur les cinéastes Werner Schroeter et Philippe Garrel, un livre sur les Cinématons (1989) et deux recueils de poèmes parus dans les années 2000 (Le Jardin des origines et Baisers décolorés).

Date : Jeudi 7 mai 2015
Horaires : 16h-19h
Lieu : Amphithéâtre (salle 005, RdC) de la Maison Internationale des Langues et des Cultures, 35 rue Raulin, 69007 Lyon


Séance 6

Maura McGuinness (directrice artistique du Festival "Les Inattendus", Lyon) sur Stephen Dwoskin, à l'occasion de la parution du 3ème numéro de la revue "Dérives" consacré à Stephen Dwoskin

Le cinéaste états-unien Stephen Dwoskin (1930-2012) est une figure majeure du cinéma d'avant-garde contemporain. Il a beaucoup œuvré pour le cinéma expérimental en Angleterre et en Allemagne, et il est l'auteur de deux livres incontournables : Film is... (1975) et Ha Ha ! (1993).

Une partie de l'œuvre de Dwoskin peut être définie par la notion d'« improvisation documentaire ». À partir d'une situation non-verbale qu'il crée, les performers évoluent devant la caméra. Pour Dwoskin il n'y a aucune transparence dans ce dispositif : il ne s'agit pas de faire comme si la caméra n'existait pas. Cependant, sa visée n'est pas uniquement réflexive. La caméra est très clairement associée à la dramaturgie produite, en même temps qu'elle renvoie à l'œil du réalisateur. Dans quelle mesure cette situation intervient-elle dans la perception du spectateur ? Qu'est-ce qui est documenté exactement, et comment le cinéaste met à l'épreuve, voire « expérimente » le réel ?

 

Date : Jeudi 28 mai 2015
Horaires : 9h-11h
Lieu: Campus Berges du Rhône. Salle D 108


Séances 7 & 8 (séance double)

Séance double : Clara Schulmann (École d'enseignement supérieur d'art de Bordeaux) et Teresa Castro (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

Produit par le Sensory Ethnography Lab de Harvard, le documentaire Leviathan (Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel, 2012) a presque entièrement été tourné à l’aide de caméras Go-Pro disposées à bord d’un chalutier ou attachées à des corps humains ou animaux. Le film s’avère être une expérience sensorielle et perceptive extrême, à propos de laquelle l’idée d’une « subjectivité machinique » de la caméra prend forme.

Teresa Castro est maître de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles à l'Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Elle a publié, en 2011, La Pensée cartographique des images : Cinéma et culture visuelle (Aléas).

Daughter Rite (Michelle Citron, 1978) fait le récit des relations mère-filles. Entre cinéma vérité et expérience avant-gardiste, le film est construit selon un rythme binaire : deux volets formellement distincts le structurent. Choisie par Michelle Citron, cette forme de chiasme sert à perturber très frontalement les règles "classiques" du documentaire. Une fois mise à jour, cette structure peut cependant devenir moins symétrique que prévu et révéler une force qu'on essaiera de qualifier d'épidémique – une puissance de contagion traverse le film.

Clara Schulmann enseigne l’histoire de l’art à l’école d’enseignement supérieur d’art de Bordeaux (EBABX). Elle a publié en 2014 : Les Chercheurs d’or : Films d’artistes, histoires de l’art (Presses du réel).

Date : Jeudi 11 juin 2015
Horaires : 9h-12h
Lieu: Campus Berges du Rhône, 18 quai Claude Bernard, salle D 108

 

Séance 9

Magali Kabous (MCF Université Lumière Lyon 2, LCE) : « No se trataba de dar la noticia sino de elaborarla » (« Il ne s’agissait pas de donner une nouvelle mais de l’élaborer »). Les Actualités cubaines et l’œuvre documentaire de Santiago Álvarez.

Depuis 1959, le cinéma cubain est à la recherche du langage le plus adapté pour brosser, à travers des fictions et des documentaires, le portrait de la Révolution qui l’a vu naître. Entre 1960 et 1990, l’ICAIC, institution hégémonique, a produit également chaque semaine un « Noticiero » qui renouvelait le genre des Actualités. L’équipe était emmenée par Santiago Álvarez (1919-1998), réalisateur-directeur de l’édition informative. De cette expérience institutionnelle, dans un dialogue permanent et fructueux, sont nés les films les plus connus du chef de file du documentaire cubain. Les expérimentations menées par Álvarez et ses collaborateurs – utilisation de la photo fixe, disparition du narrateur en voix off au profit d’une musique omniprésente, travail sur la dimension graphique, réflexion sur le contrepoint dans le montage visuel et sonore, etc. – ont conduit à la naissance d’un véritable style cubain qui essaimera par la suite dans toute l’Amérique latine.

Date : Jeudi 25 juin 2015
Horaires : 9h-11h
Lieu: D 108



 

mise à jour le 8 octobre 2017


Université Lumière Lyon 2