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Séminaire "Puissances des marges cinématographiques, artistiques, littéraires"

 
Appel à communications pour un Colloque International (3-5 novembre 2016) :
http://www.diffractions-cinematographiques.com/2016/03/puissances-esthetiques-des-lisieres-culturelles-au-cinema-et-dans-les-autres-arts/

Séance 1 : « Une constellation d’objets singuliers : contredire l’histoire, l’infléchir, la réécrire » - Intervention de Dario Marchiori et Nedjma Moussaoui (Maîtres de Conférences en Études cinématographiques et audiovisuelles, Université Lyon 2, Passages XX-XXI)
Le Vendredi 29 janvier 2016 de 10h à 12h (Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B150)

Comment penser le croisement entre l’esthétique et les études culturelles ? L’étude de la la productivité hybride des cultures marginales, migrantes, exilées, métisses, a souvent conduit à fétichiser leur statut de victime ou à idéaliser leurs vertus oppositionnelles. L’esthétique du cinéma, quant à elle, a su s’ouvrir aux questions anthropologiques et à une vision post-coloniale ou post-moderniste, en faisant dialoguer art et culture d’une manière toute nouvelle et plus ouverte aux rapports entre les média. Cependant, la synthèse entre ces deux voies, esthétique et culturaliste, a rarement abouti à une reconnaissance de la singularité des objets produits et n’a pas encore produit de nouvelle écriture de l’histoire générale du cinéma. En se situant à la fois sur le terrain de l’esthétique et des études interculturelles, comment reconnaître la productivité spécifique de ces mélanges de formes ? Comment leur rendre la place qu’ils méritent, dans l’histoire des formes filmiques ?


Séance 2  : « L’invention des marges » - Intervention de Touriya Fili-Tullon (Maîtresse de conférences en Littératures francophones et comparées, Université Lumière Lyon 2)
Le Vendredi 19 février 2016 de 10h30 à 12h30 (Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B150)

Une synthèse entre comparatisme et culturalisme semble se dessiner depuis quelques années à l’issue d’un rapprochement entre la littérature comparée et les études postcoloniales. Cette synthèse qui élargit le chantier des approches et des objets étudiés permet de penser des objets culturels hétéroclites en promouvant une transdisciplinarité apte à saisir l’évolution même des productions littéraires et artistiques.
Cette approche qui n’est ni une promotion à peu de frais des marges ni une attaque dirigée contre le canon du centre, s’intéresse plutôt à l’émergence des unes et à la construction de l’autre. Et ce faisant, elle permet de mieux appréhender les nouvelles formes souvent dites « subversives » et qui sont issues des déplacements, des contaminations et de l’hybridation.


Séance 3 : « Nouvelles d’Amérique Latine » - Intervention de Jean-Claude Seguin (Professeur des universités, LCE, Université Lumière Lyon 2)
Le Vendredi 18 mars 2016 de 10h à 12h30, Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B150

Carlos Hugo Christensen (1914-1999), figure méconnue du cinéma argentin, est pourtant un cinéaste majeur qui, au-delà des vicissitudes et de son ancrage principal dans deux pays latino-américains (’Argentine et le Brésil, mais il a produit également au Chili et au Venezuela… et sans doute aux États-Unis), a su construire une œuvre personnelle et originale. Son cinéma – qui jusqu’à présent n’a donné lieu à aucune publication importante et scientifique –, malgré une variété incontestable, parvient à se lire avec une claire continuité, comme si son monde personnel et son esthétique surmontaient les aléas d’une filmographie multiple. Le séminaire se propose avant tout de faire découvrir ce metteur en scène, tout en réfléchissant à son écriture qui survit tant dans la comédie « de remariage », genre qu’il affectionne tout particulièrement dans la première partie argentine de sa production, que dans celle du mélodrame ou du film noir, toujours au cours de cette première période. Son intérêt pour les personnages troubles et l’érotisme participent à des créations inquiétantes. Ce cinéma qui se situe aux limites des territoires va trouver une forme de second souffle dans la production brésilienne, en particulier lors de son deuxième séjour au Brésil, où les corps participent, avec une nouvelle force, à des œuvres originales qui vont laisser cours à des érotisations plus marquées et plus diverses que lors de ses premiers films. De Safo, historia de una pasión (1943) à O Menino e o vento (1967), de Si muero antes de despertar (1952) à A Intrusa (1980), la marque de Carlos Hugo Christensen reste présente, comme si son éthique et son esthétique avaient traversé les territoires.

L’intervention de Jean-Claude Seguin sera précédée de la présentation de la thèse (en cours, sous la direction de Martin Barnier et Jean-Claude Seguin) de Laura Martinez Haro, doctorante en Études Cinématographiques, co-dirigée en Études Ibériques et Méditerranéennes, chargée de cours à Sciences Po Lyon (Le passé récent vu par le cinéma: Mouvements d’étudiants et cinéma au Mexique)


Séance 4 : « L'esthétique géopolitique du cinéma » - Intervention de Jennifer Verraes (Maîtresse de conférences en Arts, Université Paris 8)
Le vendredi 8 avril 2016 de 10h à 12h30 – Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B150
L'intervention de Jennifer Verraes sera précédée d’une communication de Martynas Petrikas (associate professor, researcher of Institute of Creative Media at Faculty of Communication, Vilnius University): Research in Performative Arts in Lithuania: Recent Developments and Future Perspectives (de 10h à 11h)

11h-12h30: Perfumed Nightmare de Kidlat Tahimik (Philippines, 1977) ou comment être un étranger ?, par Jennifer Verraes (maîtresse de conférences, Université Paris 8)
Dans The Geopolitical Aesthetic. Cinema and Space in the World System (1992), Fredric Jameson propose une analyse approfondie du film de Kidlat Tahimik, Perfumed Nightmare (« Art Naïf and the Admixture of Worlds »). Les controverses que ce travail d’interprétation a suscitées parmi les universitaires philippins (Rolando B. Tolentino, « Jameson and Kidlat Tahimik », 1996 ; E. San Juan, Jr « Cinema of the « Naïve » Subaltern in Search of an Audience », 2000) et les contre-analyses qu’ils ont proposé en retour font apparaître, à travers le conflit des interprétations, le caractère particulièrement composite de l’auditoire que se donne le film de Kidlat Tahimik. On donnera ainsi des prolongements à l’argumentaire (empruntant aux subaltern studies) développé par Tolentino et San Juan Jr., en proposant une relecture du film inspirée des méthodes de l’histoire globale ou histoire connectée.


Séance 5 : « Mueda, Mémoire et Massacre (Ruy Guerra, 1979-1980), engagement et innovation formelle » - Intervention de Raquel Schefer (docteure, Université Paris 3)
Le vendredi 13 mai 2016 de 10h à 12h – Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, 18 Quai Claude Bernard, Salle B150

Mueda, Memória e Massacre (Mueda, Mémoire et Massacre, 1979-1980), de Ruy Guerra (1931- ), est considéré comme « le premier long-métrage de fiction de la République populaire du Mozambique », désignation qui figure sur son affiche officielle. Grâce à ses choix narratifs et formels, qui tendent notamment vers l’indétermination dialectique de genre, le film constitue l’un des exemples les plus fulgurants du cinéma révolutionnaire mozambicain. Dans le contexte géohistorique de production du film, l’idée de révolution formelle est inséparable de celle de révolution des modes de production et de réception, et de l’affirmation du tropicalisme technologique. Cette idée ne présuppose pas pour cette raison une rupture ou un échec de l’alliance entre radicalité artistique et radicalité politique. Dans cette intervention, il sera question d’étudier l’équilibre entre l’innovation formelle et la fonction sociale du cinéma dans Mueda, Memória e Massacre. Il s’agira également d’examiner comment le système esthétique et narratif de ce film donne corps au programme de collectivisation du cinéma de l’INC à travers l’incorporation des formes culturelles du Plateau des Makondes (et, en particulier, de la danse de masques Mapiko), son lieu de tournage en juin 1979.


mise à jour le 8 octobre 2017


Projet "Débordements cinématographiques" (Passages XX-XXI et LCE), en collaboration avec ARIMES (Passages XX-XXI)
Université Lumière Lyon 2