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Danse

La danse, juste pour le plaisir ?

 

Le plaisir de (voir) danser : discours et figures

Pour la quatrième fois, en résonance avec la programmation de la Biennale de la danse, chercheurs et artistes sont invités à réfléchir ensemble sur l’objet de leur commune passion : la danse. Cette année, le plaisir de (voir) danser sera au centre de notre attention.

Dans La Naissance de la tragédie, Nietzsche affirme que l’histoire de l’art résultat de l’antagonisme entre deux pulsions, qu’il qualifie d’apollinienne et dionysiaque. Les œuvres d’art procureraient donc trois formes de plaisir : la jouissance consolatrice de la belle apparence, mesurée et claire dans ses contours et sa logique, associée à Apollon, l’extatique jubilation de se fondre dans le tout et de participer à la surabondance de la nature, liée à l’ivresse dionysiaque, et enfin, le très rare ravissement des mystérieuses noces de la sagesse et de l’ensorcellement.

On pourrait imaginer une lecture de l’histoire de la danse sous le prisme de cet antagonisme. La belle danse comme le ballet de cour résulterait d’une domination de la pulsion apollinienne, du plaisir pris au contrôle et à la mesure, et donc aussi à la proscription et au refoulement des forces débordantes à l’œuvre dans les danses populaires ou, pire encore, sabbatiques. La danse libre puis la danse moderne proviendrait au contraire d’une libération des pulsions corporelles et d’un refus de les soumettre aux nécessités politiques, sociales et rationnelles. Dès lors, la danse contemporaine actuelle ne pourrait-elle être comprise comme une tentative de réconciliation des aspirations apolliniennes et dionysiaques et donc comme la recherche d’un plaisir du partage et de l’être ensemble ?

Lors de cette journée d’étude, à partir de l’analyse des pratiques, des discours et des images, fixes ou animées, nous nous interrogerons sur la nature du plaisir suscité par la danse. Plus spécialement, nous nous pencherons sur les différences et similitudes des plaisirs ressentis par ceux qui dansent et ceux qui regarder danser. Ainsi, nous pourrons éclairer les relations, de contagion, s’asymétrie ou même d’antagonisme par exemple, entre ces expériences. Nous reviendrons également sur l’histoire de la prise en compte de ce plaisir procuré par la danse et par là sur les raisons de sa proscription, de son contrôle, de son admission, de sa prescription, etc.

La journée d’étude, gratuite et ouverte à tous, se déroulera au Théâtre des Ateliers (5 rue du Petit David) de 9h à 18h, le vendredi 30 septembre.

Voir aussi : Biennale de la danse

mise à jour le 9 septembre 2016


Documents :

Université Lumière Lyon 2