Publié le 29 octobre 2025 Mis à jour le 1 avril 2026
le 9 avril 2026
Campus Rachais
De 9h30 à 12h30
Après avoir abordé le sujet des rapports entre la figure et le fond, puis du débordement et de la bordure, le séminaire de l’axe « Intermédialités » propose cette année d’aborder des figures qui emploient deux moyens expressifs, une sorte de « bimédialité » dont il s’agira de comprendre les circulations et les tensions internes.

En début d’année, nous poserons des enjeux méthodologiques et théoriques autour de l’intermédialité, pour familiariser notre public aux outils sur lesquels le séminaire nous permettra de réfléchir au fil de l’année. Une séance-bilan en fin d’année nous permettra de rediscuter ces enjeux et d’envisager la suite, en principe dédiée au même sujet.

Interventions de :
 
  • François Giroux, MCF, Iremus, Sorbonne Université : Martin Davorin Jagodic : musiques – images – textes et jeux
Les années 60 à 80 ont constitué un moment salutaire pour beaucoup de compositeurs, période propice pendant laquelle de nombreuses propositions ouvertes ont pu s’adresser à des acteurs plus qu’intéressés. Ce fut particulièrement le cas pour Martin Davorin Jagodic, compositeur à la formation musicale d’une grande solidité, toutefois porté à ne pas se laisser enfermer dans une production abstraite en cédant à ses propres facultés. 
Face aux difficultés liées à l’épuisement d’un matériau musical partagé, la création de partitions graphiques acquiert d’abord un rôle salvateur dans les années 60. Cette pratique assidue se révèle propice à la création de nombreux liens entre la musique et les univers de l’image et du mot. Martin Davorin Jagodic parvient alors à s’extraire de ce qui était perçu comme une série d’impasses pour la création musicale et son œuvre donne à expérimenter de nouvelles analogies.
Le concert se transforme radicalement, accueillant une bien plus grande multiplicité de perceptions. Des relations s’opèrent entre la musique et ce qui lui serait a priori étranger, montrant par-là l’élargissement, l’ouverture dont elle se révèle capable. 
Où la musique commence-t-elle ? À quelles conditions peut-on être certain qu’aucun rapport ne puisse être établi avec la musique ? Quand, au contraire, telle ou telle situation apparemment totalement étrangère peut-elle générer une intuition en relation avec un problème musical ? Ces questions seront abordées ici en lien avec l’ouvrage récemment paru aux éditions Delatour, Martin Davorin Jagodic, Textes et Jeux qui présente ces processus conçus comme des questions à partager, sans cesse reprises depuis leur avènement dans les années 60 jusqu’à ces toutes dernières années. Pour le compositeur, la tâche est immense et dépasse des capacités individuelles. Son travail se conçoit alors comme une série de propositions à poursuivre une fois ces rencontres éprouvées.
 


 
 
  • Jean-Marc Chouvel, professeur, Iremus Sorbonne Université, compositeur et plasticien : Pratiques polyartistiques. Quels enjeux esthétiques?
« On change de branche mais on est toujours sur le même arbre. C’est ce que les gens ne comprennent pas. Les gens croient que tout est par étiquette. Ne pas juger par étiquette les fatigue. Un poète a le droit de s’exprimer, comme l’a fait Léonard de Vinci, par des machines, par des ballets, par des paroles… »

C’est ainsi que Jean Cocteau réagissait dans un entretien à la télévision canadienne à propos de son rôle de président du festival de Cannes et de son implication comme cinéaste. En y regardant d’un peu plus près, on s’aperçoit que de nombreux artistes, de tout temps, sont des poly-artistes. Ce n’est pas tellement plus surprenant que d’être polyglotte. Mais le concept de vocation artistique doit se confronter à cet interdit de la dispersion déjà décrit par Platon dans sa République. Peut-on parler plusieurs arts avec la même légitimité ? En réalité cet interdit se heurte lui-même à une autre réalité : les arts se révèlent l’un à l’autre par une externalité et un art ne se comprend lui-même que dans le miroir qu’un autre lui tend.
 

Informations pratiques

Lieu(x)

Campus Rachais

Salle M112 (département de musicologie)
3, rue Rachais 
69003 Lyon
(Métro Garibaldi)