Publié le 27 octobre 2026 – Mis à jour le 27 octobre 2026
le 17 novembre 2026
Campus Berges du Rhône
A 14h

Pratiques et cultures du jonglage : milieux de formation, d’information et de différenciation (France, XXe-XXIe siècles)

École doctorale : 3LA (Lettres, Langues, Linguistique et science du langage, Arts, ED 484) - Laboratoire Passages Arts & Littératures (XX-XXI)
Directrice de thèse : Mme Julie Sermon

Membres du jury
  • Mme Julie SERMON, Université Paris Nanterre, directrice de thèse
  • M. Karel VANHAESEBROUCK, Université Libre de Bruxelles, Rapporteur
  • Mme Ariane MARTINEZ, Université de Lille, Rapporteure
  • M. Philippe GOUDARD, Université de Montpellier Paul-Valéry, Examinateur
  • M. Olivier NEVEUX, École normale supérieure de Lyon, Examinateur
Résumé
Cette thèse propose d’étudier les pratiques et les circulations du jonglage en France du début du XXe siècle aux années 2020 à partir d’une perspective encore peu explorée. Plutôt que de centrer notre enquête sur les artistes, les spectacles ou l’évolution des techniques, nous examinons les multiples espaces et supports médiatiques qui participent à la production, à la transmission et au renouvellement des savoirs liés au jonglage. Les manières dont les jongleur·se·s se forment, s’informent et se différencient constituent les trois processus structurants de notre cadre d’analyse. Ils permettent de comprendre comment ces praticien·ne·s, amateur·rice·s et professionnel·le·s, acquièrent et transmettent des savoirs, construisent leurs références et situent leurs pratiques par rapport à celles de leurs pairs. Inscrite dans le champ des études en arts du spectacle, et plus précisément dans celui des études circassiennes, notre enquête adopte une démarche interdisciplinaire en mobilisant des apports de la sociologie ainsi que des sciences de l’éducation, de l’information et de la communication. Elle combine des observations participantes, des entretiens et l’analyse de documents. Nous nous appuyons plus particulièrement sur la notion de milieu, en l’envisageant à la fois comme un environnement vécu, un médium relationnel et un espace normatif. Cette approche nous permet de considérer le jonglage comme une activité prise dans des relations d’interdépendance avec des espaces, des collectifs, des ressources, des dispositifs et des temporalités qui rendent ses pratiques possibles et contribuent à les transformer. La première partie porte sur des ressources imprimées, audiovisuelles et numériques. Leur examen montre la constitution progressive d’une littérature spécialisée, puis sa diversification à partir des années 1990. Ces ressources contribuent à codifier des techniques, à documenter des pratiques et des parcours et à valoriser des références communes. Avec le développement des technologies numériques, les jongleur·se·s participent de plus en plus directement à la production et à la diffusion de leurs propres contenus. Ces ressources deviennent ainsi des supports de mémoire, d’apprentissage, de comparaison et de reconnaissance entre pairs, tout en favorisant l’interconnexion de communautés de pratique. La seconde partie est consacrée aux espaces dans lesquels des savoirs jonglistiques sont acquis, mobilisés, expérimentés et transmis. L’autoformation occupe une place centrale dans la diversité des situations d’apprentissage qu’offrent ces cadres de pratique et d’échange. Les espaces privés inscrivent les pratiques domestiques dans des réseaux d’influences et de relations sociales, tandis que les espaces partagés favorisent l’observation, l’échange, l’expérimentation collective et la comparaison entre pairs. Enfin, les festivals organisés par et pour des jongleur·se·s (appelés « conventions ») réunissent ces activités et ces interactions dans un même espace-temps et intensifient ces circulations. À travers l’étude conjointe de ces supports et de ces espaces, nous mettons en évidence une écologie des pratiques jonglistiques fondée sur l’interdépendance de médiations, de communautés de pratique et de trajectoires singulières. Ces circulations participent à la densification, à la diversification et à l’internationalisation d’une culture jonglistique où coexistent des références communes et des logiques de différenciation, des dynamiques locales et transnationales, des initiatives individuelles et collectives. Le jonglage apparaît ainsi comme un milieu social et culturel en constante recomposition, dont les transformations reposent largement sur la capacité des praticien·ne·s à générer, partager, valoriser et réinventer leurs propres savoirs. 

Mots-clés : jonglage, milieux, autodidaxie, communautés de pratique, arts du cirque, artification

La soutenance sera publique.

 

Informations pratiques

Lieu(x)

Campus Berges du Rhône

Amphithéâtre Benveniste
Maison de l'Orient et de la Méditerrannée
7 rue Raulin
69007 Lyon